Covid-19 : vaccins d’hier à aujourd’hui, que pouvons-nous en retenir ?

07 décembre 2020 COVID-19

Vaccination : histoires d’hier et d’aujourd’hui
En France, à la différence de la plupart des autres pays développés, près de la moitié de la population hésiterait ou refuserait de se faire vacciner contre le Covid-19. Il faut s’en inquiéter. Et comment faire comprendre qu’en l’absence d’un traitement efficace (qui n’existe pas), la vaccination est la seule solution d’éteindre la pandémie et d’éradiquer la maladie ?
 

L’exemple de la variole 

Il semble que les Chinois aient été les premiers à en souffrir. Ils avaient remarqué que les survivants n’étaient jamais malades une seconde fois. Ils ont alors eu l’idée de prélever du pus d’une pustule cutanée d’un malade variolique pour l’introduire par « scarification » sous la peau de sujets sains ; ainsi ils inoculaient la variole. Certains échappaient à la maladie mais beaucoup d’inoculés en mouraient, si bien que cette « variolisation » est restée marginale.

C’est au XVIII siècle qu’un médecin anglais, Edward Jenner observe que certaines vaches développent des pustules sur leurs mamelles – on appelle ça la « vaccine » - et que les paysans qui les traient développent les mêmes pustules sur leurs mains, mais …. n’attrapent jamais la variole !

Finalement, Jenner prend le risque d’inoculer cette vaccine à un enfant de 8 ans, puis quelques temps après il réalise une variolisation (comme le faisait les chinois !) … Mais la variole ne se développe pas ; la vaccination était née ! (et Pasteur allait construire son œuvre en France). Aujourd’hui la variole est totalement éradiquée.

 

Les vaccins du « génie génétique »

En cette fin de l’année 2020, il faut désormais distinguer deux sortes de vaccin : ceux qui sont issus des agents infectieux responsables des maladies et ceux qui sont les produits du « génie génétique » indépendamment de l’agent infectieux.

 Les premiers sont les vaccins « historiques », celui du britannique Jenner et ceux de Pasteur et de ses élèves. Et parmi eux, il faut encore différencier  les vivants atténués, qui contiennent le pathogène affaibli par un traitement chimique ou physique  et les inactivés, qui contiennent une version du pathogène incapable de se multiplier.

 

De leur côté, les vaccins totalement indépendants de l’agent infectieux sont issus du  développement de la biologie moléculaire et du génie génétique ; autrement dit de la nouvelle capacité pour les scientifiques de créer de toute pièce une protéine ou une particule pseudo-virale. C’est précisément ce qui explique la rapidité avec lequel ces vaccins ont pu être développés et encore plus la possibilité de les produire MASSIVEMENT dès lors qu’ils auront reçu toutes les autorisations nécessaires.

Ainsi les vaccins de Pfizer ou de Modernat  (dont les médias grand public ont commencé de parler à l’automne 2020) contre la Covid-19 utilisent une version très récente des vaccins sans agent infectieux, les vaccins à ARN messager. A ce jour, aucun vaccin à ARN messager (ou ARNm) n'est commercialisé pour un usage en santé humaine. En santé animale, ils sont déjà utilisés chez les porcs notamment.

 

Pr Jean-Michel Chabot - nov 2020