Perte de poids chez des sujets obèses : l’efficacité des thérapies comportementales

03 mars 2021 Actualités

On sait la fréquence croissante du surpoids et de l’obésité dans les pays « occidentaux » (1) ; on sait aussi le risque accru sur l’état de santé qui en résulte (2). 

Or, dans le contexte particulier des zones rurales de l’Amérique « profonde » ce risque est encore majoré, d’une part parce que les populations locales ont un accès plus difficile aux soins, ce qui est également le cas en France et, d’autre part, parce que l’obésité y est plus fréquente.  

​Dans ces conditions, il était tentant de tester un programme « pilote » de réduction pondérale. 

A cette fin, près de 1500 patients âgés de 20 à 75 ans et dont l’IMC (Indice de Masse Corporelle, ou BMI, Body Mass Index) était situé entre 30 et 45 ont été inclus dans ce programme test

Le programme, proposé par Medicare (qui est une sorte d’assurance-maladie à l’échelon fédéral aux EU) comportait une série de recommandations diététiques, sur l’activité physique et plus largement sur le comportement général et les habitudes de vie. Tout au long des deux années de suivi, l’ensemble des patients recevaient des informations intermédiaires sur leurs propres évolutions. 

Ce même programme a été administré selon trois modalités distinctes (parmi lesquelles les patients étaient répartis au hasard) :

  • soit dans le cadre d’une consultation classique en face/face,
  • soit dans le cadre de groupes de patients (en présentiel),
  • soit enfin dans le cadre de patients participant à une « conférence » téléphonique (en distanciel).

Dans ces trois modalités, ce sont davantage des infirmières que des médecins qui délivraient le programme et animaient les groupes ; pour cela, une formation dédiée leur avait été donnée. Pour les trois groupes le nombre de séances était décroissant : hebdomadaire pendant les trois premiers mois, puis mensuel au-delà du sixième mois.   

Finalement, après 24 mois de suivi et alors que les données de plus de 1200 patients (âge moyen 55 ans) étaient complètes et interprétables, une perte de poids a été constatée dans chaque groupe, démontrant l’effet positif de ce type de programme. Il est apparu que la perte de poids moyenne dans chacun des trois groupes s’établissait à - 2,6Kg, - 4,4 Kg et - 3,9Kg, respectivement.  Ainsi, c’est quand le programme de perte de poids est délivré à des petits groupes de patients (entre 12 à 15 par groupe) que les meilleurs résultats sont obtenus.  Enfn, réaliser ce type de programme en distanciel (téléconférence) fonctionne également, mais avec un peu moins d’efficacité. 

 

Pr Jean-Michel Chabot – Février 2021 

 

 

Source : C A Befort, et al. Effect of Behavioral Therapy With In-Clinic or Telephone Group Visits vs In-Clinic Individual Visits on Weight Loss Among Patients With Obesity in Rural Clinical Practice JAMA 29 jan 2021 Disponible ici 

 

(1) L’étude ESTEBAN 2014-2016 menée par Santé Publique France a montré que 54% des hommes et 44% des femmes âgés de 18 à 74 ans sont en surpoids ou obèses. Parmi eux, 17% souffrent d’obésité. Chez les enfants âgés de 6 à 17 ans, la prévalence du surpoids (obésité incluse) est estimée à 17%, 4% étant obèses. D’après Santé Publique France. Etude ESTEBAN 2014-2016 – Chapitre corpulence : stabilisation du surpoids et de l’obésité chez l’enfant et l’adulte Disponible ici 

(2) Risque accru de survenue de maladies chroniques comme les maladies cardiovasculaires (insuffisance cardiaque, accident vasculaire cérébral, …), le diabète, les troubles musculosquelettiques (en particulier l’arthrose), certains cancers …