Aucune cigarette n’est innocente

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29 octobre 2020 Actualités santé

Petit ou grand fumeur, il y a toujours un risque : c’est ce qu’en a conclu une étude menée par des chercheurs britanniques et parue dans la revue médicale British Medical Journal.
 

Il n'existe aucun niveau de tabagisme sans danger en ce qui concerne les maladies cardiovasculaires : ne fumer qu’une seule cigarette par jour entraine un risque plus grand qu’attendu de développer une maladie coronarienne (affectant les artères) ou de faire un accident vasculaire cérébral.

L’étude est une méta-analyse de 141 études publiées dans 21 pays différents entre 1946 et 2015 : elle réunit donc des données issues du suivi de plus de 5,6 millions de personnes.

 

Quel est le risque encouru ?

 

Fumer une cigarette par jour entraine un risque équivalent à la moitié de celui qui en fume 20 par jour. Par rapport aux personnes qui ne fument pas du tout, le risque de faire une attaque cérébrale augmente de 30% et celui d’une crise cardiaque de 50%. Les fumeurs intermittents et occasionnels sont également concernés.

La situation est d’ailleurs encore plus alarmante pour les femmes : cette unique cigarette augmente leur risque de contracter une maladie de 57%, contre 48% chez les hommes. Deux périodes sont particulièrement dangereuses pour elles :

  • La prise d’une contraception oestro-progestative (pilule)
  • La grossesse, qui entraine des conséquences graves aussi pour le fœtus. Malgré les campagnes de prévention, 17% des femmes enceintes fument en France, c’est le taux le plus important d’Europe.

Les conséquences du tabac lors de ces périodes hormonales entrainent une augmentation significative des risques cardiovasculaires.

Concernant le cancer du poumon, les recommandations sont un peu moins radicales : il a été montré qu’un tabagisme inférieur à 6 cigarettes par jour serait nettement moins toxique pour les bronches. Aussi, réduire sa consommation permet de réduire de manière conséquente le risque de contracter ce type de cancer.

 

Arrêter de fumer : des bienfaits immédiats

 

Cela doit se faire progressivement et à travers une réduction régulière, mais pour réellement protéger sa santé et optimiser les bienfaits de cet effort, l’objectif final doit être l’arrêt total.

Il n’est jamais trop tard pour arrêter de fumer, mais plus l’arrêt a lieu tôt, plus les chances de retrouver des artères en bonne santé sont élevées. Chez les jeunes de moins de 30 ans, les bienfaits sont immédiats et optimaux même après un accident cardiovasculaire : le risque de thrombose disparait et ils récupèrent l’intégralité de leur capital cardiovasculaire. Tout cela en 15 jours seulement. Chez les personnes plus âgées les bénéfices ne sont pas aussi instantanés, mais l’arrêt du tabac représente toujours un bénéfice non négligeable.

Conclusion : lorsque l'on parle de tabagisme, la quantité compte finalement peu. Le simple fait de fumer est dangereux pour la santé.

 

Le mois sans tabac

 

Comme chaque année depuis 2016, « Arrêter de fumer » est le slogan dédié au mois de novembre. Créé par le ministère des Solidarités et de la Santé, en partenariat avec l'Assurance maladie et Santé publique France, ce challenge collectif et national a pour but d’encourager les fumeurs qui souhaitent arrêter. Gratuitement, et pendant un mois, Tabac Info Service les accompagne dans leur objectif : kit d'aide à l'arrêt, encouragements, application personnalisée, groupes de soutien, consultations téléphoniques gratuites avec des tabacologues...

Arrêter pendant 30 jours, c'est avoir 5 fois plus de chances d'arrêter de fumer pour de bon.

Pour plus d’informations : https://mois-sans-tabac.tabac-info-service.fr/

 

Sources :