Coronavirus COVID-19 et risque cardiovasculaire : Mise à jour du 25/05/20

24 avril 2020 Actualités

De nouvelles informations sur le coronavirus Covid-19 sont publiées chaque jour, et l’ensemble des médias suit la propagation du virus et les mesures prises par le gouvernement… Mais quelles sont les spécificités de ce virus par rapport au risque cardiovasculaire ? Nous faisons pour vous le tour des études, avis et rapports sur le sujet afin de vous aider à y voir plus clair et surtout à être encore plus vigilants. 

Covid-19 : l’impact des pathologies cardiovasculaires

Dans un communiqué du 21 avril, le Conseil national professionnel de cardiologie (CNPCV), la Fédération française des diabétiques (FFD) et l'Alliance du cœur donnent des recommandations pour le suivi des patients atteints de pathologies cardiovasculaires, suivant leur situation.

Il faut rester vigilant et ne pas prendre le risque de négliger ou de minimiser un signe qui peut être une alerte et annoncer un risque.

Les données publiées le 9 avril par Santé publique France précisent le lien entre les pathologies existantes (comorbidités), notamment le diabète et les pathologies cardiaques, et le risque de développer une forme grave de coronavirus. 
Son étude réalisée sur un échantillon de patients nécessitant des soins de réanimation indique que 66% des patients présentaient un facteur de risque ou comorbidité dont le plus fréquent était le diabète (23%), suivi des pathologies cardiaques (19%), de l'hypertension artérielle (17%) et des pathologies pulmonaires (16%).  La part de patients en réanimation avec une obésité morbide, soit un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 40, était de 9%.

L'âge reste cependant un facteur déterminant. En France, plus de 60% des patients en réanimation et plus de 90% des personnes décédées ont plus de 65 ans.

Suite au renforcement des mesures visant à prévenir la propagation du virus, le Haut conseil de la santé publique (HCSP) a rendu un avis précisant les personnes à risque de développer une forme sévère de la maladie.

Traitements anti-hypertenseurs :

La Société Européenne de Cardiologie recommande que les médecins et les patients continuent leur traitement avec leur médicament antihypertenseur habituel car il n’y a aucune preuve clinique ou scientifique suggérant qu’un traitement par IEC ou ARA II doivent être arrêté à cause de l’infection à Covid-19.

Traitements anti-inflammatoires :

La prise d’anti-inflammatoires tels que l’ibuprofène ou la cortisone en automédication est déconseillée. Largement utilisés en automédication, les anti-inflammatoires ne sont pas sans risque. Ils ne sont plus en libre accès dans les pharmacies depuis janvier 2020. Bien sûr, pour les patients qui doivent prendre des anti-inflammatoires sur prescription médicale, il est recommandé de demander conseil à leur médecin traitant.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) met également en garde contre le recours aux compléments alimentaires contenant des plantes aux propriétés anti-inflammatoires qui peuvent perturber les mécanismes de défense utiles pour lutter contre les infections et, en particulier, contre le COVID-19.

Il s'agit de celles contenant :

  • des dérivés d'acide salicylique (contenu dans l'aspirine), comme le saule, la reine-des-prés, le bouleau, le peuplier, la verge d'or, les polygalas ;
  • d'autres anti-inflammatoires végétaux : l'Harpagophytum, les échinacées, le curcuma, la griffe du chat, les plantes des genres Boswellia et Commiphora.

En cas de symptômes de Covid-19, vous pouvez consulter le site covid19-medicaments.com pour vérifier si un de vos médicament pourrait présenter un risque potentiel d’aggraver ces symptômes.

Patients atteints de maladies chroniques :  conseils en période de confinement

La Haute Autorié de santé (HAS) a élaboré, en collaboration avec France Assos santé, une fiche à destination des patients atteints de maladies chroniques pour  sensibiliser le patient sur l’importance de continuer de se soigner sans craindre d’être contaminé ou de déranger les professionnels de santé qui restent joignables pendant l’épidémie et accessibles pour une consultation à distance (vidéotransmission ou à défaut par téléphone), en cabinet ou à domicile si nécessaire.     

Covid-19 : les gestes qui sauvent

Il ne faut pourtant pas céder à la panique et se rappeler des gestes barrières, car le virus ne circule pas tout seul, c’est l’homme, porteur du virus, qui circule…d'où l'importance de bien respecter les gestes barrières et les mesures de confinement.

Le Gouvernement préconise le port du masque dans certaines situations pour se protéger et protéger les autres, tout en rappelant qu’il ne se substitue en aucune manière au respect des gestes barrières et des règles de distanciation sociale.

Dans son communiqué du 22 avril dernier, l’Académie de médecine souligne le principe « altruiste » des masques grand public, en rappelant qu’il n’est pas destiné à protéger la personne qui le porte, mais les personnes alentour.

Le site maladiecoronavirus.fr propose, sur la base d'un questionnaire anonyme mis au point en collaboration avec des chercheurs et des médecins de l'Institut Pasteur, des Hôpitaux de Paris et de plusieurs CHU, un test en ligne pour vous aider à détecter la maladie. Son objectif principal est d'orienter au mieux les patients pour éviter la saturation du "15".

En cas de fièvre, toux avec difficultés respiratoires et/ou malaises, appelez le SAMU-Centre 15.

Covid-19 : les mesures prises par le Gouvernement

Des centres de consultations dédiés ont été mis en place au sein de structures existantes telles que des maisons de santé pluri professionnelles, des maisons médicales de garde, des centres de santé, ou dans des locaux mis à disposition par des établissements de santé ou des collectivités. Ils visent à réduire la pression sur le secteur hospitalier et à limiter les risques de propagation au sein des cabinets médicaux notamment.

Les actes effectués en présentiel ou en téléconsultation dans ces centres sont facturés en tiers payant et pris en charge à 100% au titre de l’Assurance maladie.

Tests de dépistage

Les prélèvements nasopharyngés en vue de diagnostiquer une potentielle infection par le coronavirus peuvent être réalisés au domicile du patient par un professionnel de santé de ville. Prescrit par un médecin, il est pris en charge à 60% au titre de l’Assurance maladie obligatoire et 40% par l’organisme d’Assurance maladie complémentaire.

Téléconsultation

Jusqu'au 31 mai, toute personne peut bénéficier, quel qu'en soit le motif, d’une téléconsultation avec un médecin généraliste ou spécialiste, prise en charge à 100% par l’Assurance Maladie.

La téléconsultation est également possible pour les sages-femmes, les infirmiers et les masseurs-kinésithérapeutes. Certains actes d’orthophonie ainsi que les activités d'ergothérapeute et de psychomotricien peuvent être réalisées à distance, à l'exclusion des bilans (initiaux et des renouvellements).

Les téléconsultations peuvent être réalisées en utilisant n'importe lequel des moyens technologiques actuellement disponibles pour réaliser une vidéotransmission. Il est également possible de réaliser les consultations par téléphone, lorsque les patients n’ont pas accès aux technologies numériques. Ces consultations, réservées aux patients atteints ou suspectés de Covid-19, aux personnes en affection de longue durée ou âgées de plus de 70 ans, sont prises en charge comme les autres téléconsultations dans le cadre de la crise sanitaire.

Prise en charge au titre d'un affection de longiue durée (ALD)

Les ALD arrivant à échéance entre mars et juillet 2020 sont prolongées jusqu’à fin juillet, à partir de la date de fin d’exonération. Vous continuez ainsi à bénéficier de votre prise en charge à 100% sans avoir de démarches à effectuer.

Dispensation de médicaments par les pharmaciens d’officine

Dans le cadre d'un traitement chronique, lorsque la durée de validité d'une ordonnance renouvelable est expirée et afin d'éviter une interruption de traitement, les pharmacies d'officine peuvent dispenser un nombre de boîtes garantissant la poursuite du traitement jusqu'au 31 mai 2020. Le pharmacien en informe le médecin. Les médicaments dispensés sont pris en charge par les organismes d'assurance maladie, dans les conditions habituelles.

Personnes à risque de de développer une forme sévère de la maladie : arrêt de travail

Les personnes à risque (critères du HCSP) peuvent demander à être mises en arrêt de travail pour une durée initiale de 21 jours et sans passer par leur employeur ni par leur médecin traitant. Il suffit de se rendre sur le portail declare.ameli.fr afin de déposer une déclaration.

Les proches d’une personne vulnérable peuvent bénéficier d’un arrêt de travail

L’arrêt de travail est délivré par le médecin traitant, ou à défaut, par un médecin de ville. La personne doit donc prendre contact avec son médecin, de préférence et si cela est possible, par téléconsultation.

Visites des proches en EHPAD ou dans d'autres établissements médico-sociaux, notamment ceux accueillant les personnes en situation de handicap

Depuis le 20 avril, les visites des familles à leurs proches sont redevnues possible, sous certaines conditions strictes, notamment à la demande du résident, limité à deux personnes par famille et sans contact physique. Ces visites se déroulent sous l'autorité de la direction de l'établissement.

 

Covid-19 : les tests sérologiques

 

Dans son communiqué du 18 mai, la HAS a rendu un avis sur le déploiement des tests sérologiques rapides dans la lutte contre le COVID19.

Il y a plusieurs types de tests rapides, les tests "Elisa", via prise de sang, ou des tests de diagnostiques rapides (TDR) via le prélèvement d'une goutte de sang au bout du doigt. Les tests rapides d'orientation diagnostique (TROD). Ces tests permettront de toucher un plus large public que les précédents tests, notamment ceux ayant difficilement accès aux laboratoires. Les TROD sont des tests d’orientation diagnostique, et non des tests permettant de poser formellement le diagnostic de COVID-19. De ce fait, ils ne peuvent se substituer aux examens de biologie médicale réalisés en laboratoire. Il est nécessaire après un TROD positif de confirmer le résultat par un test sérologique ELISA ou TDR – tests de référence.

La HAS recommande ce type de test pour confirmer un diagnostic de Covid-19, conduire des études épidémiologiques, ou tester les personnels, même asymptomatiques qui travaillent dans des institutions médico-sociales ou dans des milieux confinés.

Quant aux autotests que chacun pourrait se procurer, y compris en pharmacie, mais il est "prématuré" de les recommander, a indiqué la HAS, notamment par manque de données scientifiques sur leur fiabilité et parce que les résultats sont difficiles à interpréter sans l'aide d'un professionnel.

A noter que le 20 mai, La HAS se dit favorable au remboursement des tests sérologiques à la fiabilité validée et dans les indications définies. Il s’agit des tests de type ELISA et des tests de diagnostic rapide (TDR).

 

 

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Sources :