La NASH, cette maladie silencieuse

02 octobre 2018 Actualités

Autrefois appelée Cirrhose graisseuse et communément nommée la maladie du soda, en référence à la consommation excessive d’une alimentation trop grasse et trop sucrée dont elle résulte, la NASH (selon l’acronyme « Non Alcoholic Steato Hepatitis » qui signifie : Steatose Hépatique Non Alcoolique) est très souvent associée à la surcharge en poids et/ou au diabète de type 2.
 

Qu’est-ce que la NASH ?

Autrefois appelée Cirrhose graisseuse et communément nommée la maladie du soda, en référence à la consommation excessive d’une alimentation trop grasse et trop sucrée dont elle résulte, la NASH (selon l’acronyme « Non Alcoholic Steato Hepatitis » qui signifie : Steatose Hépatique Non Alcoolique) est très souvent associée à la surcharge en poids et/ou au diabète de type 2.

Elle concerne davantage les personnes obèses (75% de risques) ou en surpoids (30%), mais également les accros aux sodas, à la "malbouffe". Au fil du temps, un amas de graisse se forme lentement et silencieusement autour du foie, troublant ainsi son bon fonctionnement. Cette invasion peut durer 10, 20 ou 30 ans sans que le patient ne s'en rende compte et les dégâts sont irréversibles.

 

Le CHU (Centre hospitalier universitaire) d’Angers, en pointe sur cette question, a décidé de communiquer sur cette épidémie silencieuse et de rétablir quelques vérités. « Non, tous les patients présentant un foie gras ne d  évelopperont pas la NASH ; Oui, il est possible de dépister les patients à risque sans en passer par une biopsie. »

D’emblée il convient de faire une distinction d’importance. Alors que la maladie du foie gras est présentée ici et là comme une épidémie mondiale émergente, il est urgent de calmer les esprits et de rectifier une confusion. En commençant par celle de la dénomination : surpoids, obésité et diabète obligent, 20% de la population souffre d’une NAFLD, c’est-à-dire une maladie du foie gras non alcoolique. En clair, de la graisse va s’accumuler dans le foie. « Mais chez ces personnes, dans 80% des cas, il ne se passera rien », précise le Pr Jérôme Boursier, du service hépato-gastro-entérologie et oncologie digestive du CHU d’Angers. « En fait, il faut voir la maladie comme une pyramide. Les 20% restant développeront une fibrose. C’est là que débute la NASH. Et chez certains, de 5 à 10%, la dégradation ira jusqu’à la cirrhose et parfois le cancer. ».

Le problème :  la NASH reste très longtemps asymptomatique. Ainsi, trop souvent, c’est suite à un bilan hépatique (dans un cadre hors NASH), que le verdict d’un « foie gras » tombe et il n’est pas toujours possible d’intervenir à temps.

 

Un test non invasif

Pour le Pr Boursier, il est important de repérer rapidement les patients à risque. D’autant qu’il existe un test simple et non invasif, le eLIFT pour « easy Liver Fibrosis Test ». « Une prise de sang prescrite par le médecin permettra d’identifier ceux qui développeront une NASH. Il s’agit en fait d’un algorithme. Des paramètres biologiques courants qui, mis bout à bout nous indiquent si une prise en charge par un hépato gastroentérologue est nécessaire. »

 

La recherche d’un traitement

A l’heure actuelle, aucun traitement n’est disponible. A l’échelle mondiale, une étude de phase III en double aveugle teste actuellement 4 molécules dont l’objectif est de réduire l’inflammation. Le CHU d’Angers a d’ailleurs enrôlé certains patients. Les résultats n’étant pas attendus avant plusieurs années, le Dr Adrien Lannes gastro-entérologue et hépatologue à Angers rappelle que « le premier traitement, c’est la perte de poids. La NASH peut en effet être résolutive avec une perte de 10% de la masse corporelle ».

« Malheureusement les patients ont du mal à intégrer les recommandations nutritionnelles », se désole le Pr Boursier. En effet entre les « 5 fruits et légumes par jour » et le fait de ne « pas manger trop gras, trop sucré, trop salé », difficile de faire plus abstrait.

 

L’hygiène de vie est primordial

« Il est urgent d’aborder le sujet avec une double approche », lance le Dr Agnès Sallé, du Département d’endocrinologie-diabétologie et nutrition du CHU d’Angers. « Une approche quantitative de l’alimentation et une approche qualitative. ».

Ainsi dispense-t-elle des conseils très pratiques dans cette optique de perte de poids. « Le visuel est primordial. Une assiette bombée donne l’impression de quantité. En utilisant des assiettes plus petites, vous réduirez les quantités avec toujours cette sensation d’un plat rempli. Evitez aussi la tentation de vous resservir en enlevant le plat principal de la table. Côté ‘qualité’, évitez de manger trop vite, prenez le temps de mastiquer. Ne mangez pas devant la télévision. Ainsi vous ferez attention à ce que vous ingurgitez… » Et bien entendu, pensez à pratiquer une activité physique régulière.

 

 

Sources : Inserm et CHU d’Angers, juin 2018