Diabète et insuffisance cardiaque : quelles nouveautés ? Adoptez une bonne hygiène de vie est essentielle !

Thomas Kassab

Conçu avec

Jean-Michel Chabot, médecin et Professeur de santé publique.

De 2010 à 2017, il a été conseiller médical de la Présidence de la HAS et membre de la Commission nationale des études de santé (CNES). De 2002 à 2004, il avait été conseiller au cabinet du ministre de la Santé Jean-François Mattéi après avoir été secrétaire de la conférence des Doyens de médecine de 1998 à 2002. Actuellement, il poursuit son activité aux comités de rédaction de la Revue du Praticien et du Concours Pluripro.

4 minutes niveau :         
L’actualité à retenir :

Le diabète et l’insuffisance cardiaque étaient jusqu’à peu deux pathologies tout à fait distinctes, en particulier parce que des médecins spécialistes différents – diabétologues/endocrinologues d’une part et cardiologues d’autres part – en étaient les experts.

Les choses évoluent cependant, depuis l’apparition au cours des dernières années de deux nouvelles classes thérapeutiques qui semblent d’une grande efficacité, à la fois pour mieux équilibrer les diabètes de type 2 (qu’on appelait autrefois les diabètes « gras » souvent associés à un surpoids ou même une obésité) et pour prévenir les décompensations d’une insuffisance cardiaque (qui peut venir compliquer l’évolution d’un diabète). Diabète et insuffisance cardiaque apparaissent aujourd’hui davantage « intriqués », et le médecin traitant est là pour faire une synthèse utile.

Les derniers grands congrès internationaux de cardiologie (à Amsterdam l’été dernier) et de diabétologie (à Hambourg en octobre 2023) ont fait le point sur ces importantes nouveautés, notamment sur de nouvelles classes de médicaments :

  •  Les « glifozines » : autorisés et commercialisés depuis 2015, il s’agit d’une nouvelle classe d’hypoglycémiants. Ils réduisent la glycémie à jeun et postprandiale en diminuant la réabsorption rénale du glucose et en favorisant ainsi son excrétion urinaire. Ils entrainent donc une glycosurie qui constitue donc une perte énergétique qui aboutit in fine à une perte de poids. Les glifozines n’induisent pas d’hypoglycémie puisqu’ils ne stimulent pas directement la sécrétion d’insuline, mais potentialisent le risque d’hypoglycémie en cas d’association à un hypoglycémiant. Cette classe a récemment montré une diminution de la mortalité toutes causes confondues chez les patients diabétiques de type 2 à haut risque cardiovasculaire. Ils s’utilisent par voie orale en une prise unique quotidienne.
     
  • Les hormones gluco-incrétines GIP et GLP-1, secrétées en aval de l’estomac, interviennent dans les métabolismes glucidique et énergétique, notamment dans la potentialisation de la sécrétion d’insuline induite par le glucose et le maintien de la fonction différenciée des cellules β pancréatiques productrices d’insuline. D’autres actions, mieux connues pour le GLP1, concernent le contrôle de la prise alimentaire et de l’utilisation de glucose par les tissus périphériques (surtout les muscles). En résumé, le GLP-1 a une action antidiabétique extrêmement intéressante puisqu’il agit aussi bien au niveau de la sécrétion d’insuline - mais sans risque d’hypoglycémie - qu’au niveau du contrôle de la prise alimentaire et du poids corporel. Malheureusement, dans l’organisme GIP et GLP-1 sont inactivés très rapidement, en quelques minutes ; si bien qu’il a fallu attendre[1] la mise au point de formes résistantes à cette dégradation enzymatique pour disposer de médicaments facilement utilisables.
     
Notre conseil :

Certes, ces nouvelles classes thérapeutiques semblent améliorer le bon contrôle du diabète et donc la prévention des complications cardiovasculaires tels que les infarctus, les accidents vasculaires cérébraux, l’artérite... Cependant, en plus des médicaments, la bonne observance des recommandations diététiques et d’hygiène de vie reste essentielle !

Ainsi, prendre l’avis d’une diététicienne ou trouver des informations de conseil diététique est très utile et bénéfique.

En cas de diabète, faire régulièrement 3 repas par jour et ajouter éventuellement une collation est la meilleure habitude à prendre :

  •  Le petit-déjeuner comporte un produit laitier, un produit céréalier, un fruit frais et une boisson chaude.
  •  Le déjeuner et le dîner comprennent légumes, produit céréalier (du pain par exemple), produit protéiné (comme de la viande, du poisson, de l’œuf ou des haricots, pois, fèves ou lentilles …) produit laitier et fruit frais.
  •  La collation se compose quant à elle d’un produit céréalier (biscuits par exemple), d’un produit laitier et d’un fruit frais.

Une seconde habitude à prendre est de réduire au quotidien sel, charcuteries, viennoiseries et bien entendu l’alcool.

Enfin, troisième bonne habitude à adopter : se contenter de « rations » ou de quantités raisonnables dans son assiette !

C’est à ce prix que l’on évite le surpoids, de mauvais pronostic à l’évolution d’un diabète ou de toutes les maladies cardiovasculaires.
 

En pratique :

Si vous êtes diabétique, il peut être très utile de calculer votre « score » de risque cardiovasculaire ; par exemple une fois par an. Cette recommandation est d’ailleurs intégrée dans votre accompagnement santé Vivoptim, lequel débute par une évaluation en ligne des risques santé dont le risque cardiovasculaire. C’est sur la base du score que vous est ensuite proposé un plan personnel de santé et des objectifs adaptés à atteindre.

Pour les plus curieux, vous pouvez sur le site www.guidelines.care/score, calculer (ou demander à votre médecin traitant de calculer) votre « SCORE2-Diabetes ».

SCORE2-Diabetes est un nouvel algorithme développé, calibré et validé sur les données de près de 500 000 patients (issus de différentes régions d’Europe) pour prédire le risque de maladies cardiovasculaires (MCV) sur 10 ans chez les sujets atteints de diabète de type 2.

L’utilisation de ce nouvel algorithme améliore l'identification des personnes à risque plus élevé de développer une MCV, en prenant en compte l’ancienneté du diabète, ce qui ne se faisait pas jusqu’alors.

Restez motivé(e) :

Les nouveaux médicaments (glyfosines et incrétines) qui semblent à la fois mieux équilibrer les valeurs de glycémie, favoriser une perte de poids et mieux prévenir les complications cardiovasculaires constituent une vraie chance pour les patients diabétiques. Mais ce n’est surement pas une raison pour relâcher les (bonnes) habitudes alimentaires et la pratique d’une activité physique adaptée … alors continuez vos efforts, cela en vaut la peine et votre qualité de vie s’en trouvera grandement améliorée !

Source :

[1]. Hill W, et al. Lung adenocardinoma promotion by air polluants. Nature 2023.

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